« Les hommes font leur propre histoire, mais ils ne la font pas à leur guise ; ils ne la font pas dans des conditions qu’ils ont eux-mêmes choisies, mais dans des conditions déjà existantes, données et transmises par le passé. »

— Karl Marx, Le 18 brumaire de Louis Bonaparte

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Ils savaient ce qu'ils faisaient. Ils l'ont fait quand même. Le résultat a surpris tout le monde.

L'histoire ne se répète pas. La structure, oui.

L'histoire regorge d'exemples de personnes intelligentes ayant pris des décisions rationnelles qui ont conduit à des conséquences catastrophiques. Ce n'est pas un paradoxe. C'est une constante.

Von Papen pensait pouvoir contrôler Hitler. Il n'était pas stupide — il était pris au piège par la structure même du système. Chaque acteur présent dans la pièce avait correctement évalué la situation de son propre point de vue. La somme de ces calculs justes a abouti au désastre.

La même structure apparaît dans l'effondrement de la République romaine, dans le traité de Versailles, dans la lente implosion de toute réforme qui réussit — et crée ainsi les conditions de son propre renversement. À chaque fois, les acteurs savaient ce qu'ils faisaient. À chaque fois, le résultat a surpris tout le monde.

L'histoire ne se répète pas. Les historiens ne cessent de le répéter. Ils ont raison sur les détails et tort sur la structure. Les noms changent. Les costumes changent. Le mécanisme, lui, ne change pas.

Ce que vous trouverez ici : des cas où des acteurs rationnels, agissant de bonne foi et dans leur propre intérêt, ont produit des résultats qu’aucun d’entre eux ne souhaitait et qu’aucun d’entre eux ne pouvait empêcher. Non pas parce qu’ils ont échoué. Parce qu’ils ont réussi — au mauvais niveau.

Tous sont coupables. Aucun n’est en tort.

Le Schéma Gaveston :

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Angleterre, 1312. Un favori est assassiné. Un roi se venge. Une reine envahit le pays. Un fils s'empare du pouvoir. Sept cents ans plus tard, la même structure se reproduit chaque semaine dans des organisations, des gouvernements et ...
L’économie de la justice

L’économie de la justice

La justice promet l'universalité. La réalité n'offre que la sélection. Lorsque des millions de personnes commettent des crimes, la question n'est plus de savoir qui est coupable — mais ce que le système est capable de traiter.

Une justice que l’on pouvait se permettre.

Le régime nazi était un système d’extermination de masse. Le verdict moral était sans équivoque. Pourtant, la justice d’après-guerre est restée structurellement incomplète. Non pas parce que les coupables étaient innocents. Non pas ...
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